Transparence financière

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Géraldine Métifeux : « Nous sommes inquiets de notre capacité à justifier les tarifs de certains de nos partenaires historiques »À l’occasion de sa réponse au questionnaire des Coupoles Distrib Invest 2018, Géraldine Métifeux, fondatrice d’Alter Égale décrit le processus de communication de son cabinet auprès de ses clients. Elle précise également les initiatives mises en place en terme d’éducation financière, détaille sa vision macroéconomique et revient sur la nouvelle réglementation, tirant la sonnette d’alarme sur la justification des tarifs de certains partenaires.

Distrib Invest : Comment structurez-vous votre communication financière ?
Géraldine Métifeux : Nous communiquons régulièrement par emailing auprès de nos clients que ce soit sur des événements qui pourraient susciter leur inquiétude ou de nature à leur transmettre l’information à retenir et non une image véhiculée par des médias parfois mal informés. Par exemple, nous avons communiqué sur le risque électoral dans l’Union Européenne en 2017, l’élection de Trump en 2016 ou encore le Brexit.
Nous communiquons également beaucoup au travers d’articles ou d’interviews qui sont envoyés par emailing et repris sur notre site.

Quel type d’informations transmettez-vous à vos clients ?
G. M. : Dans le cadre de leur abonnement de suivi patrimonial et des actifs, nous rencontrons tous nos clients une fois par trimestre. Nous transmettons chaque trimestre a minima, et à chaque client, une note macroéconomique expliquant le contexte économique dans lequel nous évoluons, nous précisons les inquiétudes ou au contraire les espoirs que l’on peut avoir.
De cette explication, nous en faisons découler une allocation type dans laquelle nous citons un certain nombre de fonds (OPC) listés par classe d’actifs avec un petit descriptif et la pondération préconisée. Lorsque cela est pertinent, nous y intégrons également un produit dédié (structuré) en marge de nos allocations.

Cela débouche-t-il sur des préconisations ?
G. M. : Toutes nos démarches sont personnalisées, cela dépend donc de chaque client. Suite à l’allocation type, nous leur préconisons ou pas, des arbitrages sur leurs investissements en cours voire de procéder à de nouveaux investissements. Et ces préconisations sont individuelles et par conséquent personnalisées en fonction de leur patrimoine, leur profil de risque (remis à jour chaque année), l’évolution de leurs revenus ou de leurs attentes.
Nous avons également des moyens de communication, plus génériques, que nous pratiquons par emailing à l’adresse de nos clients et parfois de nos prospects et ou plus largement notre écosystème, sur des points d’actualité économique, boursière, fiscale, etc.

Quelles sont vos préconisations actuelles ?
G. M. : Nous sommes particulièrement confiants en matière macroéconomique notamment sur la situation en Europe. Cela est étrange car depuis 17 ans voire 20 ans quand tout va bien, en général, une petite ou grosse tempête se prépare. C’est pourquoi malgré notre optimisme affiché, nous avons pris le parti de miser sur un certain nombre de fonds non directionnels tels que les fonds de la gamme H2O, le fonds JPM Global Macro et de fonds défensifs tels qu’Apprecio, SLF Defensive. Nous sommes également investis sur des fonds diversifiés pouvant conserver un biais actions tels qu’OTEA 1 ou Hottinguer Patrimoine Monde. Et ce en complément de nos allocations actions où l’on retrouve des fonds plus traditionnels tels que Fidelity Global Dividend, JPM Global Focus, Trusteam Roc, PHCG European Macro Pics, Norden, ou encore Portzamparc Entrepreneurs. Ce n’est pas exhaustif évidemment mais cela reprend nos idées générales d’investissement mêlant convictions et sagesse.

Êtes-vous présents sur des réseaux communautaires virtuels ?

G. M. : Oui, nous sommes très présents, généralement par le biais de mon compte : twitter, LinkendIn. Nous sommes un peu moins présents sur Facebook qui a plus un côté privé. Nous relayons des informations métier, boursières, économiques ou fiscales.

Présentez-vous vos fournisseurs sur votre site internet ?

G. M. : Nous ne présentons pas nos fournisseurs, ils sont présents sur notre Document d’entrée en relation, remise lors du premier entretien. De plus, nos clients peuvent les rencontrer chaque année lors de la soirée que nous donnons pour l’anniversaire du cabinet.
La raison pour laquelle nous ne présentons pas nos fournisseurs sur notre site, est tout simplement que le métier de CGP ne peut pas être réduit à une simple vente de produits financier. La sélection de produit fait bien évidemment partie de notre métier de CGP mais elle ne doit pas masquer le reste de notre métier ni nos activités de conseil qui sont primordiales et un préambule à toute intermédiation.

Comment présentez-vous votre métier ?

G. M. : Lors de la refonte de notre site, nous avons souhaité axer ces points en deux temps : tout d’abord les attentes clients et ensuite la présentation de nos activités. De telle sorte que les prospects puissent projeter facilement leurs besoins avec nos activités. Notre métier peut parfois paraître abstrait. Avec cette approche, nous considérons apporter avant même de les rencontrer, un moyen de les éclairer sur la valeur ajoutée, concrète de notre métier à leur service.

Que pensez-vous de la nouvelle réglementation ?

G. M. : Nous sommes confiants quant à la mise en œuvre de la future réglementation car vous l’aurez compris avec le statut CIF et l’appui au quotidien de la CNCGP pour ses adhérents, nous avons le sentiment d’être bien préparé aux évolutions à venir que ce soit en termes de transparence ou en termes de justification des services que nous apportons à nos clients.
En revanche, nous sommes plus inquiets de notre capacité à justifier les tarifs de certains de nos partenaires historiques, notamment sur les modalités de calcul des assiettes de rémunération. Espérons que d’ici octobre 2018, chacun soit capable de répondre aux obligations réglementaires.

Présentez-vous vos modes de rémunération sur votre site ?

G. M. : Nous indiquons comment nous sommes rémunérés pour telle ou telle activité (commissions, honoraires, etc.). Mais, les tarifs précis sont indiqués en préalable de la signature d’une lettre de mission et précisés et chiffrés dans le projet de lettre de mission (des DDE selon l’horizon de placement, aux honoraires de suivi des actifs extérieurs, en passant par notre mode de rémunération sur encours, etc.).

Avez-vous mené des initiatives en matière d’éducation financière pour améliorer le niveau de connaissances de vos clients ?

G. M. : Nous avons des clients relativement jeunes, dont l’âge moyen (pas si loin de l’âge médian) est de 41 ans. Ainsi, nous tâchons de leur apporter, notamment par nos rendez-vous trimestriels, suffisamment d’informations et d’éclairage pour qu’ils comprennent que la durée de détention d’un actif n’est pas liée nécessairement à une durée prédéterminée mais par rapport au gain ou à la perte qu’ils peuvent accepter et supporter.
Nous tentons également à chaque préconisation patrimoniale de leur apporter les éléments de compréhension leur permettant d’identifier dans l’univers de taux exceptionnellement bas qui est le nôtre, quels sont les moyens à mettre en œuvre pour créer de la valeur dans son patrimoine et avec quelle liquidité.

Nos clients comprennent pourquoi ils détiennent ou non tel ou tel actif car ils comprennent pourquoi et sur quoi ils investissent en dehors de l’enveloppe (assurance, compte-titres, PEA, etc.).

Propos recueillis par Jérémie Gatignol

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